Hi Tech Povera Project

Au début de l’année 2007, Le Singe qui fait mouche effectue une série de recherches destinées à le libérer de toute tâche artistique. Il se plonge dans une littérature abondante, Les voyages extraordinaires de Jules Verne, Le Manitoba ne répond plus d’Hergé, L’origine des espèces de Darwin, Arduino pour les nuls de John Nussey… Il visionne également le film Forbidden Planet en boucle. L’idée lui vient alors de concevoir un robot, capable de sillonner la planète de manière autonome et de le programmer pour qu’il longe les murs et en prélève des fragments. Pourquoi les murs ? Parce qu’ils racontent une histoire du monde, celle de l’Homme, cette espèce dont on découvrira plus tard qu’elle était le chaînon manquant entre le singe et le robot.

Ses dessins préparatoires sont inspirés des armures du Moyen-Âge, des scaphandres de Klingert, Siebe, Cabirol et des combinaisons de spationautes.

La première version du robot FaMo, est créée en quelques mois. Les premiers essais sur le terrain se déroulent en Inde, fin 2007.

Pendant deux ans, de nombreux problèmes techniques contraignent Le Singe qui fait mouche à une présence quasi permanente. Son robot peine à s’autonomiser. Il réalise à cette occasion la série FaMo was here.

Au printemps 2010, Le Singe qui fait mouche fait un rêve étrange. Il réalise le premier « Google car jacking » de l’Histoire en braquant une « Google street view car » en plein Paris. Après un roadtrip intramuros, et avant d’abandonner le véhicule, il réalise un transfert massif et brutal de technologie en arrachant l’ensemble du système de prise de vue.

Il prend note de ce rêve et poursuit ses recherches.

Deux mois plus tard, la V2 de FaMo voit le jour :

– autonomie totale. Le Singe qui fait mouche n’est plus obligé de se déplacer et peut enfin se la couler douce.

– servilité totale. FaMo ne revendique rien, ne coûte rien et travaille d’arrache-pied 7j/7.

  augmentation des capacités de travail: en plus des prélèvements réalisés par découpe laser (ses mains étant capables de percer tous types de matériaux dès la v1), l’ajout d’une camera obscura permet désormais à FaMo de réaliser des prises de vue.

Depuis 2007, FaMo a prélevé plus de 50 000 fragments muraux provenant d’une centaine de villes situées sur les cinq continents.

Ces prélèvements ont été instantanément analysés, classés et archivés grâce à de puissants algorithmes. Ils sont conservés au sein de la collection H.T.P.P (Hi Tech Povera Project) qui comprend :

– des matériaux prélevés in situ par découpe laser (blocs de béton, de plâtre, pièces de bois ou de métal…).

– des tirages photographiques épinglés dans des boites d’entomologiste, classés dans des boites à fiches, présentés dans des sachets et des boites de géologue, insérés dans des boites mexicaines « calaveras »…